Un Peu Fan

"La modestie c'est l'art de faire dire par les autres tout le bien que l'on pense de soi-même..."

jeudi 23 mars 2006

"Le jeune est mon ami"

chronique_d_un_charentais1

 



Le jeune est actuellement dans les rues pour qu’on s’intéresse à lui, alors soit, après tout pourquoi pas... et si nous essayions de comprendre la vie trépidante d’un jeune d’aujourd’hui.

Il est assez aisé d’établir un portrait robot assez juste du jeune. Il a 17 ans, il est en première générale au lycée Hervé Villard, il joue sans compter à PES 5, il trouve que Jamel est le nouveau penseur, que les injustices c’est pas génial et que Bush est un peu trop bête quand même.

Si le jeune défile, c’est que le jeune a une conscience politique. En effet, après 16 années à dire, « la politik c tro nul 2 tte fasson, va zy mé la 6 ya la nvelle star », le jeune change totalement de position et en arrive à un discours plus mature : « putain, on vit vraiment dans un monde de merde ». Fort de ce constat ô combien réfléchit, le jeune cherche des boucs émissaires responsables des difficultés de ce monde. Et fort d’un constat encore plus réfléchi, « l’autorité c’est nul », le jeune décide de partir en croisade contre les parents, les profs, les flics, le gouvernement et Mme Berthon la pionne qui l’a engueulé pour rien la semaine dernière.

Contrairement à ce que l’on peut croire, le jeune aime la politique et la suit avec grande attention. Il pense, que dis-je, il sait que Bayrou est un vrai gamin avec ses grandes oreilles, que Hollande est un flan, que le seul avantage de Villepin est son physique, que Chirac s’en fout de la France, que Barthez dit que des conneries, que Sarkozy est un Le Pen light et que Roselyne Bachelot est pas très futée. Et oui, le jeune aime les Guignols de l’Info. « Les seuls à dire vraiment la vérité sans langue de bois » explique t-il.

Bon, le jeune n’est pas non plus totalement naïf et il sait que même si les Guignols sont vachement proches de la vérité, ils exagèrent un peu parfois. Donc le jeune cherchera à approfondir sa documentation. Les JT de 20 H lui apprendront que les patrons font des profits records et licencient sans scrupule, que les deux cygnes morts de la grippe aviaire sont plus inquiétants que le sida en Afrique et que la justice est pourrie et envoie plein d’innocents en prison. Le droit de savoir lui apprendra que les arabes sont voleurs, que les noirs sont fainéants, que les asiatiques mettent n’importe quoi dans leur bouffe et que Tapie est victime de machinations. Enfin, Groland et Karl Zéro lui démontreront par A + B que la droite c’est tous des pourris, que José Bové est trop cool et que Besancenot a une trop bonne vision du monde.

Les plus friands d’information iront un peu plus loin et auront la preuve qu’on peut avoir un physique ingrat, aucun talent et gagner la Star Ac, ou alors qu’on peut être inculte, enchaîner les lieux communs en se prenant le plus au sérieux possible, aimer l’argent plus que sa famille et se retrouver à la télé chez Bataille et Fontaine.

On ne peut donc pas vraiment reprocher au jeune de ne pas se cultiver. Ne pas lire autre chose que l’Equipe n’est d’ailleurs plus une tare, le jeune l’expliquant fort bien : « les journalistes, c’est tous des pourris à la botte du gouvernement ».

Car, comme on l’expliquait plus tôt, le jeune est contre le gouvernement et plus largement contre les hommes politiques (sauf Besancenot parce qu’il est marrant avec sa casquette de facteur et Laguiller parce qu’elle essaie de se faire élire depuis la fin de la 3ème République). Effectivement, les politiciens sont trop éloignés des réalités. Car être en phase avec la réalité ce n’est pas avoir une vision du monde dans son ensemble comme on pourrait bêtement le penser. Non, être en phase avec la réalité c’est savoir que l’autoradio du voisin a été volé la semaine dernière, c’est savoir qu’on ne trouve plus de Nutella a Intermarché depuis 5 jours, ou encore c’est savoir que le chômage c’est pas bien, la preuve Mme Hébert a pleuré quand elle a perdu son boulot. Bref, toutes ces petites choses du quotidien que ces cons de politiques ne peuvent pas comprendre vu qu’ils sont dans leur bulle dorée.

 

Enfin bref, doté d’une information fournie, emmené par sa lucidité devant le monde actuel, le jeune décide que le CPE c’est pas bien. La preuve Jules-Edouard Moustic et Jack Lang l’ont dit et en plus Sarkozy est pour. Et si ce n’était pas suffisant, le jeune peut lui seul se forger son opinion. Il a en effet fait de la mise en rayon à Auchan l’été dernier et il croise un SDF qui lui demande de l’argent tous les matins, c’est dire s’il connaît le monde de l’entreprise et celui de la précarité.

Que faire quand on est contre le CPE ? S’énerver tout seul chez soi contre ce gouvernement d’incapables ou aller manifester avec ses copains dans les rues ? Le choix est vite fait, surtout qu’il y aura de la bière à la manif. Le temps de narguer son petit frère qui lui ira en cours aujourd’hui, le temps de faire une banderole dénonciatrice, originale et bourrée d’humour « Villepin t’es foutu la jeunesse est dans ton cul » et le temps de prendre la batte de base-ball parce que le jeune est joueur et qu’il paraît qu’il y aura les CRS, et voilà le jeune dans la rue à manifester contre un projet qu’il ne connaît pas mais qu’il déteste. Les plus chanceux auront la chance de défiler aux côtés de Strauss-Kahn, de Besancenot et de Jean Marc Thibaut, ce qui les confortera dans l’idée que eux, ils s’intéressent vraiment à la jeunesse.

Enfin, et surtout, la jeunesse a énormément d’humour et acceptera de bonne grâce de ne pas s’outrer d’un article ni très drôle ni très utile écrit par un jeune lui non plus ni très drôle ni très utile.

Posté par Benne à 20:51 - Chroniques d'un charentais - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


lundi 6 mars 2006

Siffler n'est pas jouer!!

chronique_d_un_charentais





transformation1Mercredi dernier, l'équipe de France de foot a failli gagner contre la Slovaquie. Faut dire que faillir gagner, elle sait le faire et que c’est même devenu sa spécialité. Avant, il n’y a pas longtemps, 8 ans à peine, la France était spécialiste de faillir perdre et même qu’elle a gagné la coupe du Monde puis la coupe d’Europe avec cette technique. Maintenant, elle fait des matchs nuls contre la Suisse et Israël.

Bon, là on était quand même un peu déçu qu’elle ait juste failli gagner parce que c’était contre un pays que personne sait où ça se trouve sur la carte, avec des joueurs que personne ne sait comment ça se fait qu’ils se trouvent sur un terrain de foot.

Pourtant, le match avait plutôt bien commencé avec plein d’occasions pour les Français. Arsène Wenger avait même dit qu’il avait peur que ça soit trop facile. Heureusement, les joueurs l’ont vite rassuré. Arsène Wenger, c’est un consultant spécialiste. C’est à dire que c’est quelqu’un qui connaît bien le foot et qui prend la parole uniquement pour donner des avis avisés sur comment devrait se dérouler le match. Après, chacun donne la définition qu’il veut au mot « aviser ». Là, il a plutôt mal visé.

Pour être tout à fait honnête, c’est pas vraiment de sa faute à Wenger si le match a pas été aussi facile qu’il le disait. Trézéguet y est pour beaucoup aussi. Trézéguet, c’est un mec vachement sympa qui avait vu que le gardien adverse avait un peu bâclé son échauffement, alors il s’était proposé pour continuer à l’échauffer pendant le match. Et faut dire que Trézéguet il est vachement fort pour échauffer les gardiens. Faut voir le match que le Slovaque a fait derrière.

Comme à tous les matchs avec l’équipe de France, Trézéguet a eu plein d’occasions mais n’a marqué aucun but, et comme a tous les matchs de l’équipe de France, Jean-Michel Larqué a dit que c’était pas dans ses habitudes de rater des occasions. Pour ceux qui n’ont pas Canal + et qui ne connaissent pas le championnat Italien, il faut savoir que Trézéguet n’a pas du tous les mêmes habitudes avec la Juve et avec l’Equipe de France. Peut-être qu'il marque pas avec la France, mais on peut quand même se la péter d’avoir dans son équipe un mec qui marche bien en Italie, même si personne est là-bas pour vérifier.

Thierry Roland a même dit à propos de Trézéguet que une occasion ratée, ça lui arrive, deux, c’est rare et trois c’est impossible. Bon, il avait rien dit pour cinq donc on peut pas critiquer.

Il y en a un qui est aimé des supporters en tout cas, c’est Barthez. C’est pas compliqué, dès qu’il touchait la balle, tous les supporters sifflaient pour la lui réclamer parce que c’est vrai que c’est la classe de recevoir un ballon de Barthez. Bon, là, les supporters exagéraient un peu quand même parce qu’il y en a qui sifflaient alors qu’ils étaient à l’autre bout du stade, et même si Barthez a un très bon dégagement, il y avait peu de chance que les ballons aillent jusqu’à ces supporters. Heureusement, il y avait les attaquants pour relayer les ballons et les envoyer dans les tribunes derrière les cages adverses. Ya pas à dire, c’est sympa, ils étaient pas obligés, d’autant plus que c’était plus facile de les mettre au fond des filets. Mais bon, c’est ça l’équipe de France, c’est une équipe de copains prêts à tout pour leurs coéquipiers et leurs supporters.

Les supporters sifflaient également Dhorasoo, mais c'est pour d'autres raisons. C'est parce que Dhorasoo joue dans la ville où le match se déroulait. A première vue, ça peut paraître étonnant que des supporters sifflent leurs joueurs, mais quand on dit que c'était à Paris, on comprend mieux. Parce que Paris, vu qu'ils n'arrivent pas à être champions dans le championnat à cause des adversaires qui sont plus forts qu'eux, ils veulent faire un championnat pour eux tout seuls. Et en attendant que ça soit accepté par la ligue, les supporters s'entraînent : ils commencent à se battre entre eux et à siffler leurs propres joueurs pour avoir quelque chose à faire quand il y aura des matchs parce que c'est vrai qu'un match au parc ça peut être sympa quand il y a Lyon ou Lens en face, mais quand c'est Paris qui joue tout seul, c'est plutôt déprimant.

De son côté, Anelka était au four et au moulin : il dribblait, il contrôlait, il passait, il centrait, il défendait, il frappait, il débordait. Bref, on peut mettre ici tous les mots du lexique footballistique sauf marquer, scorer, ouvrir le score et tous les synonymes. Ca, il l’avait laissé pour Trézéguet, mais Trézéguet avait dû mal comprendre la répartition des tâches. Pourtant, c’était pas difficile à comprendre, lui il n’avait rien à faire sauf marquer. Et il a rempli les consignes à la perfection, sauf celle de marquer.

A la mi-temps, Trézéguet, Anelka et Zidane sont sorti et Henry, Wiltord et Malouda sont rentrés. Ya pas à dire, quand une équipe est capable de remplacer Zidane par Malouda, c’est quand même signe qu’il y a du beau monde sur le banc de touche. Pendant ce temps, François Clerc s’échauffait.

Les commentateurs nous ont tout de suite prévenu : Henry est en forme avec Arsenal en ce moment. Bon là, si on n’est pas familiers avec les coutumes d’Henry, on pourrait penser que ça veut dire qu’il va être en forme avec l’équipe de France. En fait, c’est un piège : quand il est en forme avec Arsenal, il ne l’est pas avec l’équipe de France. On ne peut pas lui en vouloir non plus, il ne peut pas être bon tout le temps. Le problème c’est que quand il n’est pas en forme avec Arsenal, il ne l’est pas non plus en équipe de France. On appelle ça la régularité.

La deuxième mi-temps s’est déroulée comme la première avec plein d’occasions pour la France, aucune pour la Slovaquie et des sifflets pour Barthez. Régularité, quand tu nous tiens.

Les supporters chantaient « Allez les bleus ». Le problème, c’est que la France était en blanc, et ceux qu’étaient en bleu, c’étaient les Slovaques et eux ils ne comprenaient pas le Français. Enfin si, il y en a un, Nemeth, qui comprenait le français, vu qu’il joue à Strasbourg, une ville, juste à côté de la frontière, qui était française avant la guerre. Alors lui, quand il est rentré et qu’il a entendu tout le public chanter juste pour lui, ça l’a transcendé et ça lui a fait chaud au cœur. Il a voulu remercier les supporters comme lui a montré Trézéguet en envoyant le ballon dans les tribunes. Mais le problème, c’est que Nemeth, c’est un Slovaque qui joue à Strasbourg. Donc, pour la précision, c’est pas vraiment ça, et il a foutu le ballon dans les buts.

On s’est retrouvés menés 1-0 par un mec qui est remplaçant dans un club qui jouera en deuxième division l’an prochain. C’est là où on s’est rendus compte que 98 c’était il y a 8 ans quand même.

Ensuite, les Français, ils se sont dit qu’il fallait égaliser parce que c’était bien joli tout ça, mais perdre à domicile contre la Slovaquie, il n’y avait que Chypre qui l’avait fait avant. Donc Malouda a pris le ballon et est parti tomber dans la surface de réparation. Le public a hurlé PENALTY alors l’arbitre qui pensait qu’il n’y avait rien du tout, a décidé de les écouter parce qu’ils étaient nombreux à avoir vu une faute. Il est allé voir ceux qui étaient les plus près de l’action, c’est à dire ceux derrière le but du gardien Slovaque, mais ils étaient occupé à siffler Barthez qui était en train de refaire ses lacets. Ils devaient lui demander sa chaussure je pense.

Finalement, l’arbitre a décidé de laisser pénalty et Wiltord a marqué de justesse vu que le gardien avait décidé de faire le match de sa vie et de rien laisser passer. Malheureusement pour lui, il n’a fait qu’effleuré la balle.

Les Français, eux, n’ont fait qu’effleurer le match nul vu qu’il y a un autre Slovaque qui venait juste de rentrer lui aussi et qui a marqué sur coup franc. Barthez a gueulé que c’était pas du jeu et qu’il s’était pas fait chié à faire un mur pour que le mec tire pas du côté de ce mur. C’est vrai quoi, Juninho, Ronaldinho ou Roberto Carlos, ils tirent toujours au dessus du mur pour que ça fasse des beaux arrêts ou des beaux buts. Mais là, le Slovaque, il a tiré sur Barthez. Barthez, il a vu qu’il ne pouvait pas faire un super arrêt qui lui aurait permis de marquer des points dans son match face à Coupet alors il a laissé passer le ballon. Tactiquement, c’est bien joué, d’autant plus qu’il a quand même sauté histoire de dire, « là, j’pouvais vraiment rien faire ».

Résultat, la France a perdu. Dit juste comme ça, sans rien de plus, ça peut rester crédible, mais quand on dit que c’était contre la Slovaquie, ça passe dans le domaine de l’improbable et quand on dit que c’était à domicile, ça passe dans le domaine de l’impossible. Mais, comme tout le monde le sait depuis 98, impossible est français.

Domenech était vachement content, il a dit qu’il avait vu un super match et tout et tout. Vraiment, ça fait plaisir de voir un mec aussi heureux, quelques soient les circonstances.

Qu’est ce que ça va être quand la France va gagner ! Bon, le problème, c’est que si ça continue comme ça, la France qui gagne, Domenech il la verra de chez lui.

En attendant, on peut espérer le voir encore plus heureux que mercredi soir parce que la coupe du monde se finira par un match contre le Togo et si les joueurs sont dans un bon jour, on pourra accrocher le 0-0.

Posté par Benne à 14:13 - Chroniques d'un charentais - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nouvelle rubrique...

nouveaute.41Une toute nouvelle rubrique s’ouvre à vous aujourd’hui. Elle s’intitule « chroniques du charentais ». Le charentais vient nous gratifier de son talent et de sa crédulité qui n'est qu' apparente pour commenter la vie de tout les jours et l’actualité. La décision de publier son premier article fort engagé fût le résultat d’une longue concertation entre la direction de la rédaction et le rédacteur lui même…

Je vous présente Mesdames et Messieurs la personne dont je suis le plus fan sur cette planète. J'ai nommé: Mon ami le charentais !!!

Posté par Benne à 14:11 - Chroniques d'un charentais - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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